Une télémédecine qui fonctionne, par Mohammad Al-Ubaydli

13 juin 2014

La télémédecine se transforme grâce à des technologies comme celles de Withings. Il y a quelques années de cela, les projets de télémédecine ne parvenaient pas à générer de retours financiers ou à gagner le droit de se développer.

L’idée est simple : le médecin ne devrait pas toujours avoir besoin d’être auprès du patient pour l’aider. Le numérique signifie que les données devraient voyager instantanément et gratuitement entre le médecin et le patient.

Mais la réalité est tout autre. Les appareils ont été conçus en quantités limitées selon des spécifications médicales : très chers, ils sont donc peu utilisés. Ils n’ont pas non plus bonne réputation. Les patients n’aiment pas leur apparence inesthétique et leur manque de convivialité. Les fabricants, eux, adoptent alors un modèle commercial de monopole, avec des systèmes fermés de bout en bout qui ne peuvent pas être intégrés aux autres choix des consommateurs, comme les dossiers médicaux électroniques ou les téléphones mobiles des patients.

Parallèlement, les besoins en matière de télémédecine ont augmenté. Les patients vivent malgré leurs maladies, au lieu d’en mourir (excellente nouvelle !) ; les populations vieillissantes sont moins mobiles ; les hôpitaux deviennent des lieux d’expertise centralisés de moins en moins nombreux et il n’y a pas assez d’infirmières en formation par rapport à celles qui partent à la retraite. Même si nous avions les moyens financiers nécessaires, nous ne pourrions pas nous attendre à ce que les professionnels et leurs patients se trouvent toujours dans la même pièce.

C’est là qu’intervient Withings et la nouvelle génération de fabricants. Ils ont commencé par s’adresser aux consommateurs, et fabriquent donc des millions d’appareils : les coûts sont donc naturellement moins élevés. Mais les consommateurs ont des standards élevés, donc seuls les appareils au design attrayant et convivial ont du succès. Le modèle commercial est basé sur l’universalité, donc un API ouvert qui interagit bien avec les autres est une caractéristique essentielle. Plus de 100 partenaires proposent une intégration avec Withings et Patients Know Best(PKB) est fier d’en faire partie.

PKB fournit un dossier médical contrôlé par le patient. Nous prenons toutes vos données, où qu’elles se trouvent : hôpital, cabinet médical, auprès d’un travailleur social et naturellement au sein de l’appareil Withings, puis les envoyons où vous le souhaitez. Bien entendu, la première chose que la plupart des patients souhaitent est que tous leurs médecins aient leurs données à disposition, afin de pouvoir bénéficier de soins médicaux de grande qualité. L’accès aux données permet aux médecins d’économiser du temps et de l’argent. Ils achètent donc PKB à leurs frais et l’offrent gratuitement à leurs patients.

 

telemedecine that works

Nous avons d’abord commencé à travailler avec Withings dans le cadre du déploiement du centre médical académique le plus progressif de Hollande, UMC St Radboud. L’équipe voulait que PKB s’intègre avec autant d’appareils médicaux que possible, afin de permettre une télémédecine à faible coût de haute qualité. Le diagramme ci-dessus présentait sa vision. Je leur ai alors demandé : « Par quel fabricant commencer ? ». Leur réponse : « Withings ». Et de poursuivre : « Commence par eux, nous allons te présenter au PDG ». Plus tard, j’ai lu avec intérêt que l’entreprise avait reçu d’importants investissements dont une grande part provenait du gouvernement français. Ceci était intéressant, car la politique industrielle du gouvernement français a conduit la France à disposer du plus grand nombre de sociétés figurant dans le classement Global Fortune 500 par habitant. La France sait développer de grandes sociétés mondiales, et Withings est sur cette voie.

Qu’est-ce que cela signifie pour la santé ? Pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque, la mesure quotidienne du poids permet une surveillance afin d’éviter l’accumulation de fluide dans les poumons. Une balance Withings économise le temps de déplacement des infirmières nécessaire pour effectuer cette pesée, et leur permet de surveiller simultanément de nombreux autres patients, mais aussi de rendre visite aux patients qui ont besoin d’aide. La balance coûte moins qu’un seul déplacement. Cela s’applique également aux coachs de santé qui travaillent avec des personnes diabétiques devant perdre du poids. Le report du poids quotidien pendant plusieurs semaines et la comparaison avec le régime alimentaire permettent au coach et au patient de collaborer. Les appareils Withings aident également la mesure de la pression artérielledes diabétiques et le le suivi de l’activité physique au quotidien. Le diabète affecte à lui seul 5 % de la population dans la majorité des pays occidentaux..

La révolution des appareils ne fait que commencer. Chez PKB, nous travaillons sur des appareils de surveillance du glucose qui transfèrent les données via votre iPhone, des appareils d’injection qui effectuent un suivi de votre posologie pour vos médecins, des distributeurs de pilules qui surveillent les patients atteints de démence afin que les infirmières puissent intervenir avant toute détérioration du patient pouvant conduire aux Urgences et des appareils de contrôle de la saturation en oxygène qui fonctionnent avec votre connexion Wi-Fi. Nous travaillons aussi sur des appareils de contrôle placés à l’arrière de votre téléphone, qui recueillent votre ECG avec deux doigts. Les données vont transformer les pratiques cliniques et la recherche. Aux États-Unis, nous travaillons déjà avec des appareils comme ceux de Withings pour transformer la recherche sur les maladies inflammatoires chroniques intestinales.Les consommateurs achètent l’appareil qu’ils veulent, le branchent et transmettent leurs données aux chercheurs pour trouver un remède. Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, nous sommes très heureux de travailler avec Withings.

Mohammad Al-Ubaydli
CEO at Patients Know Best