Faites-vous de l’insomnie sans le savoir ?

Sommeil
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3 mars 2022

De nos jours, les raisons de mal dormir ne manquent pas. Beaucoup d’entre nous voient leur sommeil troublé. Mais à partir de quand parle-t-on d’insomnies ? Quand cela devient-il préoccupant ? Voici quelques éléments de réponses issus d’une étude de nos données.

Le stress, l’anxiété et la dépression sont les raisons les plus courantes de développer une insomnie. Généralement, ces troubles sont passagers, apparaissent en lien avec un événement précis (mal être au travail, naissance, mariage, deuil, déménagement) et disparaissent naturellement lorsque l’événement est passé. Il est néanmoins toujours utile de consulter un médecin pour soigner ce trouble et en trouver l’origine pour un meilleur confort de vie, mais aussi pour rester en bonne santé.

Qu’est-ce que l’insomnie ?

Pour parler de l’insomnie, rien de tel qu’une définition de ce qu’elle est. Si nous avons tendance à parler d’insomnie dès lors que nous avons eu une mauvaise nuit, l’insomnie chronique possède des caractéristiques bien particulières :

  1. Une difficulté à s’endormir, plusieurs réveils nocturnes ou un réveil trop précoce le matin
  2. Malgré des occasions et des circonstances adéquates pour dormir
  3. Ayant un impact sur la qualité de la journée (fatigue, somnolence, troubles de la concentration, de la mémoire, de l’humeur…)
  4. Au moins 3 fois par semaine pendant plus de 3 mois.

Le deuxième point est particulièrement important, car dormir dans un mauvais environnement de sommeil ne fait pas de vous un insomniaque, mais plutôt une victime des circonstances ou de vos habitudes.

Enfin, notez que l’insomnie peut être aiguë ou chronique. L’insomnie aiguë est de courte durée et peut être liée à un événement traumatique, au stress du travail ou à un changement de vie important. L’insomnie chronique, au contraire, dure au moins trois mois et peut être causée par un traitement médicamenteux inadapté, des troubles émotionnels durables ou même être un signe de maladie chronique à soigner.

Des insomniaques qui s’ignorent ?

D’après plusieurs études (en anglais), l’insomnie toucherait un tiers des adultes dans le monde, mais lorsque nous avons envoyé notre sondage à notre communauté d’utilisateurs et d’utilisatrices, seulement 22 % d’entre eux se considèrent insomniaques ou ont été officiellement diagnostiqués comme tels.

Bien que ce pourcentage représente moins d’un tiers de la population, notre étude n’en demeure pas moins intéressante, car il semblerait qu’environ 12 % des personnes ne se considérant pas insomniaques aient montré dans leurs réponses qu’elles pouvaient très bien l’être.

Mais comment se fait-il qu’une partie de la population étudiée ignore qu’elle a développé ce trouble du sommeil ? Une étude américaine montre que le sommeil est souvent négligé par les médecins, à moins que les patient(e)s n’expriment une gêne. Lors de notre enquête, 51 % des personnes interrogées déclarent être préoccupées par leur sommeil et environ 19% (1 sur 5) d’entre elles le sont depuis plus de cinq ans, nous nous sommes donc demandées combien de personnes pourraient faire des insomnies chroniques sans le savoir.

Les insomniaques qui s’ignorent

Les personnes interrogées ont répondu à 40 questions dont les réponses pourraient permettre de détecter de l’insomnie sans que les personnes interrogées n’aient à nous le confirmer. Notre questionnaire a été établi à partir de la définition de l’insomnie.

Nous avons d’abord questionné nos utilisateurs sur d’éventuels problèmes de sommeil.

Nous avons ensuite demandé à ces personnes si elles subissaient des perturbations environnementales telles que des bruits, de la lumière… Un quart d’entre eux sont dérangés par leur partenaire ou leur famille. À ce compte-là, vaudrait-il mieux être célibataire, sans enfant et sans animaux ?

Nous avons retiré les personnes dont le sommeil est dérangé par un élément environnemental de la liste des potentiels insomniaques, car l’insomnie impute d’avoir des difficultés à dormir alors même que les conditions pour un bon sommeil sont réunies.

Après cela, nous avons effectué un autre filtre. Nous avons gardé uniquement les répondants dont les journées sont impactées par le manque de sommeil au moins 3 jours par semaine.

Sur la base des trois critères ci-dessus, nous avons constaté que 12 % de nos utilisateurs non diagnostiqués, pourraient souffrir d’insomnie sans le savoir. Sachant que les insomniaques diagnostiqués et/ou se décrivant comme tels représentent 22 % de nos utilisateurs, les insomniaques représenteraient bien 34% de la population, soit un tiers des adultes dont une partie non-diagnostiquée.

Pourquoi une insomnie non-diagnostiquée serait-elle potentiellement une mauvaise chose ? Lorsqu’on a demandé aux personnes insomniaques si elles avaient reçu un diagnostic pour d’autres maladies, elles ont signalé un nombre plus élevé de cas de :

Cela signifie qu’il pourrait y avoir un grand nombre de personnes qui non seulement ne reçoivent pas de diagnostic d’insomnie, mais qui souffrent aussi potentiellement d’une autre maladie sans le savoir ou sans être traitées.

Ne vous endormez pas sur vos lauriers

Le sommeil fait partie intégrante de notre santé, car les problèmes de sommeil peuvent avoir un impact sur la qualité de vie et des conséquences allant de mauvaises performances au travail et d’incidents à de graves problèmes de santé. Si l’on vous diagnostique une insomnie, il existe de nombreux traitements, médicamenteux comme naturels. Votre médecin pourra vous orienter. Il vous proposera peut-être d’essayer la Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC) pour retrouver un sommeil de qualité et soulager votre santé mentale face à ce trouble envahissant.

Si votre sommeil vous préoccupe, mais que vous ne savez pas par où commencer, envisagez de tenir un journal du sommeil. Notez-y vos heures de sommeil et vos symptômes. Cela pourrait vous aider à reconnaître les schémas problématiques, et le fait d’avoir ces données à portée de main de votre médecin pourrait vous permettre de suivre un plan de traitement plus rapide et plus ciblé. L’application Health Mate permet d’ailleurs d’éditer automatiquement un journal de sommeil pour les utilisateurs de Sleep Analyzer.

Méthodologie
Cette étude a été réalisée par WITHINGS en analysant les données agrégées et anonymisées de 12 000 utilisateurs ayant accepté de participer à notre enquête, partout dans le monde. WITHINGS garantit la confidentialité des données personnelles et protège la vie privée de tous ses utilisateurs. Par conséquent, toutes les données utilisées pour cette étude ont été anonymisées et agrégées afin d’éviter toute nouvelle identification.